samedi 1 décembre 2018

Bientôt, une nouvelle publication à Savenay

Le Couvent des Cordeliers de Savenay 1419-2019

Archéologie, mémoire et histoire d’un patrimoine

L’équipe de rédaction

L’équipe de rédaction de cet ouvrage a été constituée d’érudits locaux et de professionnels de l’histoire à partir du groupe de l’AHLS (Association d’Histoire du Lycée de Savenay) qui a précédemment travaillé sur l’histoire des bâtiments du lycée Jacques Prévert, ex-École Normale, dont le livre « Savenay : Jeune lycée, vieux murs 1912-2012 » (AHLS, 2012) a obtenu le prix d’histoire de la société Académique de Nantes et de la Loire Atlantique en 2013. Elle était alors composée de Yannick Boucaud, président de l’association, Odette et Paul Guibert, également membres des Amis de l’Histoire de Savenay, Jean-Yves Martin et Ronan Pérennès, l’un fondateur du premier groupe d’histoire locale à Savenay, en 1985, le second initiateur de l’AHLS en 2007.
Pour travailler, cette fois, sur l’histoire du Couvent des Cordeliers de Savenay, elle s’est assuré le concours de nouvelles compétences : celles d’Alice Prissard, ancienne directrice des services de la mairie de Savenay, meilleure connaisseuse des dossiers savenaisiens récents, et de Fabien Le Roux qui a conduit les recherches archéologiques de l’INRAP sur le site du couvent en 2017 et dirigé la rédaction du rapport à ce sujet (INRAP, 2017).
L’équipe ainsi constituée sur cet objectif précis et unique a pris le nom de Groupe Ad’hoc 2019, atelier d’historiens pour un ouvrage sur le couvent en 2019. Ses membres sont donc les suivant(e)s :
  • Yannick Boucaud, AHLS (Association d’histoire du lycée de Savenay)
  • Odette Guibert, AHLS et Amis de l’Histoire de Savenay
  • Paul Guibert, AHLS et Amis de l’Histoire de Savenay
  • Fabien Le Roux, archéologue, responsable scientifique des fouilles de l’INRAP en 2017
  • Jean-Yves Martin [coordinateur], agrégé d’histoire et géographie, AREMORS et AHLS
  • Ronan Pérennès, professeur certifié, AHLS et Amis de la Forge de Moisdon-la-Rivière
  • Alice Prissard, ancienne secrétaire générale des services de la ville de Savenay

De gauche à droite : Solène Bourrigault (Mairie, culture), Fabien Le Roux (INRAP), Paul et Odette Guibert (Amis de l’Histoire de Savenay), Yannick Boucaud (Pdt AHLS), André Klein Maire de Savenay, Jean-Yves Martin (AHLS, coord.).
Manquent sur cette photo : Alice Prissard (ancienne SGS de Savenay) et Ronan Pérennès (AHLS)

L’ouvrage

Environ 180 pages, 8 chapitres chronologiques, une quinzaine d’encadrés zoomant sur une date, de nombreuses illustrations (photos, fac-similés, estampes, cartes et plans...), la plupart inédites, pour un prix que nous souhaitons le plus accessible possible. Parution prévue au second trimestre 2019, à la veille de la commémoration des 600 ans du couvent des Cordeliers.
Nous avons certes largement bénéficié des travaux et ouvrages précédents des historiens locaux : François Ledoux (1875), Camille Hussenot-Plaisance (2001) et Jacques Javayon (2008). Nous nous efforçons de rendre compte le plus fidèlement possible dans notre ouvrage de la grande qualité de leurs propres recherches et publications. Mais, au fil de ses 8 chapitres largement inédits, il revisite le sujet selon quatre volets successifs :
  • Archéologique : en l’absence quasi totale d’archives, toute la longue période pré-révolutionnaire est l’objet d’une approche archéologique comparative, issue des travaux de l’INRAP en 2017, qui permet de bien mettre en évidence les caractéristiques propres de l’ancien couvent.
  • Mémoriel : sa mémoire est largement inscrite dans les tensions consécutives à la période révolutionnaire, aux doubles traumatismes de l’année 1793, insurrection de mars et bataille de Savenay en décembre. Au choc initial de la Révolution contre l’Église, succède le conflit durable entre montée républicaine et regret de l’ancien régime monarchique et catholique.
  • Historique : à la lumière de la place du couvent dans l’histoire locale, l’ouvrage revisite ensuite les apports respectifs des érudits locaux et des historiens.
  • Patrimonial : ne pouvant écarter les toutes dernières décennies de ces 600 ans, l’histoire « immédiate » des débats récents, parfois vifs, autour de la réhabilitation municipale de ce patrimoine conclut l’ouvrage.
Groupe Ad’hoc 2019
Communiqué de presse du 13 novembre 2018


P.-S.

Appel à documents et à témoignage :


| Le contenu de l’ouvrage n’étant pas encore intégralement et définitivement arrêté à ce jour, vous invite à témoigner : pour tout envoi de témoignage, photo ou document - si possible inédits - le groupe Ad’hoc 2019 peut être contacté à l’adresse : couv.cord.savenay@gmail.com

vendredi 23 novembre 2018

Éditions Universitaires Européennes & démarchage : Extrême vigilance !!!

Éditions Universitaires Européennes & démarchage :

Extrême vigilance !!!


Depuis le début de mois de novembre 2018, je suis officiellement inscrit en thèse de doctorat en Histoire moderne, à l'Université de Bretagne Occidentale, située à Brest. Mon projet de thèse date déjà de plusieurs années, j'ai déjà rédigé quelques parties, mais mon travail est très loin d'être terminé. Je n'ai donc pour le moment absolument rien à publier en l'état.

Or, le 15 novembre dernier, soit à peine deux semaines après mon inscription officielle, je reçois ce mail, qui m'est personnellement adressé (et, pour une fois, sans faute à mon nom, en plus !!), provenant des Éditions Universitaires Européennes (EUE) : 
 
Cher Monsieur Pérennès Ronan,
Je suis ##### ##### et au nom des Éditions Universitaires Européennes, je voudrais vous inviter à publier un de vos travaux de recherche dans le domaine Histoire (un manuel, votre thèse ou dissertation). Qu'en pensez-vous?
Notre maison d'édition se donne pour objectif de développer les échanges entre chercheurs, enseignants et simples curieux afin de dessiner les contours du monde scientifique, technique et culturel de demain.
A cet effet, aimeriez-vous en savoir plus sur notre maison d’édition et sur le processus de publication?
Nous serions honorés de vous compter parmi nos auteurs.
En espérant une réponse rapide de votre part, je vous prie d'agréer l'expression de mes salutations distinguées.

Passé le temps de la surprise de recevoir un tel message aussi rapidement après l'inscription afin de me voir proposer une publication ma thèse, qui n'est qu'un vaste chantier actuellement, je décide tout simplement d'ignorer cette démarche, qui me semble pour le moins cavalière. L'auteur de ce message espère même une réponse “rapide” de ma part.

Je suis très bien placé pour savoir que publier un ouvrage peut parfois relever du parcours du combattant. Pour le livre collectif que nous avions sorti en 2012 avec l'Association d'Histoire du Lycée de Savenay (AHLS), Savenay, jeune lycée, vieux murs, il nous a fallu lancer une souscription afin de récolter beaucoup de fonds pour financer l'impression du livre. Cela a pu fonctionner car nous étions nombreux et nous connaissions du monde. Et malgré cela, ce ne fut pas simple. Pour l'ouvrage que j'ai sorti en 2014, De l'histoire au patrimoine, la Forge Neuve, Moisdon la Rivière, j'ai du faire face à un bon nombre de refus de la part d'éditeurs qui ne voulaient pas publier chez eux un ouvrage qui portait sur un sujet aussi pointu. C'est finalement la Société Historique du Pays de Châteaubriant (HIPPAC) qui a littéralement sauvé mon projet fin 2014. Sans l'HIPPAC, le livre sur les forges ne serait peut-être jamais sorti !! En 2019, pour le livre que nous sortirons (INRAP + AHLS + d'autres participants) sur le Couvent des Cordeliers, à Savenay, sans l'aide de la mairie et de l'INRAP, rien n'aurait été possible non plus !

Par conséquent, recevoir une telle proposition venant d'un éditeur qui ne sait même pas sur quoi je travaille pose sérieusement question sur le bien fondé de sa démarche...

Une semaine passe, vient un second message :

Bonjour Monsieur Pérennès Ronan,
Je vous ai invité la semaine passée à publier gratuitement un livre chez Éditions Universitaires Européennes. Avez-vous reçu ce courriel?
Vous pouvez trouver plus d'informations concernant nos services en cliquant sur ce lien-ci: http://brochure.omniscriptum.com/info-eue/0674983001454073475
Au plaisir d'une éventuelle collaboration artistique et scientifique avec vous.

J'en conclus donc que pour eux, une réponse “rapide” signifie une réponse quasi-immédiate, car une semaine après le mail de rappel arrive déjà. N'ayant rien à publier, et trouvant cette offre trop alléchante pour être honnête, je décide de me renseigner sur cette maison d'édition. Je tape “Éditions Universitaires Européennes” dans Google et là...


Cette société aurait contacté beaucoup de doctorants, depuis au moins depuis 2010, en France, en Belgique, et même au Canada sous différents noms. J'ai trouvé une multitude d'avis, très mitigés. Méfiant, j'ai envoyé le mail dans ma corbeille sans y répondre.

Pour résumer, cette maison appartient à un groupe d'édition allemand, VDM Verlag, créé en 2002. L'auteur peut publier aux EUE gratuitement un ouvrage, tout se fait sur internet.

L'Université du Québec explique en mai 2011 les choses de la manière suivante sur le site des Presses Universitaires du Canada (mais là, on peut craindre aussi le conflit d'intérêt):
Comment la compagnie opère-t-elle ? Des travailleurs de la Moldavie et de l’Île Maurice récupèrent des informations par le biais des bases de données de thèses et mémoires disponibles au format numérique sur les sites des bibliothèques universitaires. Ils utilisent ces données pour contacter massivement par courriel des chercheurs pour leur offrir un contrat des plus intéressants : publier leur thèse dans un délai très court, sans frais, avec une redevance sur les ventes et l’obtention d’une copie papier gratuite. Le problème (car vous vous doutiez que tout était trop beau pour être vrai) est que le manuscrit n’est soumis à aucune forme de révision ou d’arbitrage : tous les travaux sont acceptés. Le livre est mis en vente sur des sites comme Amazon à un prix exorbitant (plus de 120 $ en général) et n’est imprimé que sur demande. 
 À qui sont versés les profits ? VDM Verlag ne paie pas de redevances aux auteurs lorsqu’elles sont inférieures à 10 euros par mois. La quasi-totalité des auteurs perdent donc leurs menus profits au bénéfice de la compagnie. Quand on pense à la dizaine de milliers de titres du catalogue de la maison d’édition, on imagine de quel ordre peut être le profit engrangé par VDM Verlag. D’autant plus que les auteurs pour lesquels leur livre leur rapporte entre 10 et 50 euros par mois ne reçoivent pas non plus d’argent, mais plutôt une compensation sous forme de coupon à échanger pour des livres produits par la maison. 
Est-ce une fraude ? Ce modèle d’affaire n’est pas une fraude en soi. Par contre, le fait de publier chez VDM Verlag peut entacher le curriculum vitae d’un chercheur, vu les pratiques non orthodoxes de la maison d’édition. Aussi, nous vous suggérons de bien choisir votre éditeur au moment de publier vos travaux. Il existe également d’autres moyens de diffuser vos écrits sans passer par un processus d’édition universitaire, comme un système d’archives ouvertes comme Érudit. Soyez vigilants ! 

Afin que chacun se fasse son avis, je peux aussi citer l'article de Claire Paulian, « Les éditions universitaires européennes : du stock de livres au stock d'auteurs », lisible ici :
Même les auteurs de science-fiction sont concernés !!! https://resf.hypotheses.org/3166
- L'INRS, au Canada, met également les éventuelles cibles en garde : http://sdis.inrs.ca/pour-en-finir-avec-les-%C3%A9ditions-universitaires-europ%C3%A9ennes
- Une page Wikipédia existe même à ce sujet ! Toutefois, certains faits sont cités sans que toutes les sources ne soient citées, certaines informations sont donc à prendre avec précaution : https://fr.wikipedia.org/wiki/VDM_Publishing

Ce qui ressort des différents signalements que j'ai pu lire sont que les droits d'auteur ne seraient pratiquement pas (ou très peu) reversés. Ensuite, l'auteur devra assurer la mise en page lui-même. Enfin, et c'est surtout cela le plus inquiétant lorsque l'on est doctorant, il n'y a aucun comité de lecture. Dès lors, quel degré de sérieux attribuer, dans un cadre universitaire, aux publications des EUE ? Et surtout, une publication chez un tel éditeur ne risquerait-elle pas de compromettre la carrière d'un éventuel futur enseignant chercheur qui se serait laissé tenter par une maison d'édition qui n'accorde pratiquement aucun gage scientifique à ses publications ?

En réalité tout dépend donc de ce que vous voulez faire. Pour publier rapidement un ouvrage grand public, en noir et blanc, sans trop de contraintes, et sans rechercher une rémunération importante, les EUE peuvent faire l'affaire. Mais pour publier des travaux universitaires et les faire figurer dans un CV en vue de candidater pour être enseignant chercheur, c'est risqué, car le fait d'avoir publié un ouvrage chez un éditeur qui n'a pas de comité de lecture sera probablement pointé du doigt. Même s'il ne s'agit pas d'une arnaque à proprement parler, la proposition se révèle en réalité bien moins alléchante qu'il n'y parait. Mieux vaut donc faire preuve d'une extrême vigilance face à ce démarchage.

mercredi 21 novembre 2018

Dans l'Eclaireur cette semaine...


Près de Châteaubriant, une association fait revivre l’histoire du site des Forges

L'association des Amis de la Forge neuve de Moisdon-la-Rivière (Loire-Atlantique), créée en 1995, est présidée par Gisèle Piton, une véritable spécialiste de l'histoire du site.

Le site des forges de Moisdon peut se visiter.
Le site des forges de Moisdon peut se visiter. (©L’Eclaireur de Châteaubriant)
Il faut remonter en 1668 pour trouver les premières traces de forges à Moisdon-la-Rivière (Loire-Atlantique). Le Prince Louis II de Bourbon-Condé, seigneur et baron de Châteaubriant (Loire-Atlantique), décide alors d’utiliser les nombreuses minières du Pays de Châteaubriant. Le 2 décembre 1668, le Conseil des Princes décide la construction d’une « usine à fer », au lieu-dit Le Moulin Péan, près du Don.
Le site de la Forge neuve comprend deux hauts fourneaux (permettant la réalisation de la fonte), une forge d’affinerie (elle transforme la fonte en fer), un atelier de fonderie (pour réaliser des grandes barres de fer standardisées), deux halles à charbon et des logements (ouvriers et maisons de maîtres).

Fin de l’activité en 1869

« C’est au XVIIIe siècle que le site connaîtra son apogée, relate avec passion la présidente de l’association des Amis de la Forge neuve, Moisdonnaise de naissance, Gisèle Piton. C’est en 1869 que toute activité va cesser sur le site des forges, où l’on faisait de l’industrie métallurgique traditionnelle. »
En 1985, le site a été classé aux Monuments historiques. Aujourd’hui, il se visite l’été et les week-ends. Gisèle Piton propose également des visites guidées à la demande, une quinzaine par an. Elle a créé une association en 1995 pour que ce riche patrimoine des forges puisse se transmettre.
À l’époque, j’ai réalisé un mémoire sur le monde des forges et sur le côté patrimonial. J’ai interrogé la population locale et des politiques, je me suis plongée dans les archives… Les forges de Moisdon, ce sont des siècles d’histoire. L’activité a duré deux siècles, il y avait en permanence près de 50 personnes qui y travaillaient. Et cela profitait à toute la commune. Pour preuve, il y avait 2 700 habitants à Moisdon en 1852 ! »

Une vingtaine de membres dans l’association

Afin « d’animer et de promouvoir l’ancien site industriel », l’association des Amis de la Forge a vu le jour il y a plus de 20 ans et est toujours active aujourd’hui. « Nous sommes aujourd’hui une vingtaine de membres, dont quelques jeunes. Il y a un peu de renouvellement, mais pas assez. Aujourd’hui, c’est la communauté de communes qui s’occupe des visites sur le site. Mais on s’intéresse toujours au suivi du musée, car plus de 3 000 personnes y viennent chaque année. »

Gisèle Piton est la présidente des Amis de la Forge neuve.
Gisèle Piton est la présidente des Amis de la Forge neuve. (©L’Eclaireur de Châteaubriant)
L’association organise ainsi un marché d’automne, chaque année, qui attire plus de 1 000 personnes. Une bourse aux plantes est également mise en place, tout comme des ateliers pour les enfants. Les Amis de la Forge ont aussi fait un partenariat avec Bretagne vivante, pour protéger la lande et le sentier piétonnier qui entoure le site.
Un sentier ouvert en 2001 qui sera bientôt repensé.
On est en train de repenser le cheminement du musée et du chemin. Il faut repenser la trame, adapter les explications, être plus ludique. On aimerait développer les visites de scolaires sur le site, et cela va dans ce sens. »

dimanche 7 octobre 2018

Marché d'automne des forges de Moisdon

Dimanche 21 octobre, de 10 heures à 18 heures, se tiendra le 2e marché d'automne sur le site des forges de Moisdon. 


Parmi nos exposants, nous accueillerons des productions très diversifiées :
- Plantes aromatiques et médicinales,
- cosmétiques huiles de soin.
- Sirop, vinaigres, pestos.
- Confiserie artisanale, Confitures, fruits confits, chutneys fruits et légumes
- Escargots et plats cuisinés à base d'escargots.
- Création cuirs et bijoux.
- Miel et produits bien être et beauté à base de produits de la ruche
- Rhum artisanal
- Huiles essentielles très variés et biologiques
- Objets de toilette fait main et chausson cuir
- Maçon bâti ancien


Une bourse aux plantes sera également animée par la section castelbriantaise de Bretagne Vivante. Chacun peut venir pour apporter des plantes et des graines à échanger.

Il y aura aussi une bourse aux jouets : si vous possédez des jouets que vos enfants n'utilisent plus, vous pourrez les échanger contre d'autres jouets d'occasion.

De nombreuses animations sont prévues. Un concours de dessin “Composez à partir des trésors de la nature” à partir de graines et de feuilles sera organisé pour les enfants, avec un lâcher de ballons prévu à 16 heures 30. Les dessins seront exposés au musée.

Contact/renseignements : 02-40-07-62-07 (Gisèle Piton, présidente des Amis de la Forge Neuve)

mercredi 4 juillet 2018

Les visites guidées remontent le temps à la Forge Neuve


Mercredi 11 juillet prochain, l'association des Amis de la Forge Neuve en partenariat avec l'Office du Tourisme de Châteaubriant vous propose une visite guidée du site par Ronan Pérennès, membre des Amis de la Forge et auteur du livre "De l'histoire au patrimoine, la Forge Neuve, Moisdon-la-Rivière".

Le petit groupe de visiteurs pourra ainsi suivre un parcours à travers le site, visitant les abords des mainsons de maître (dont l'accès inédit au terrain de l'une d'entre elles), le village ouvrier et, bien sûr, les restes du site industriel de la Forge Neuve, avec l'explication sur le fonctionnement des ateliers.


 Parcours de visite :
- Les extérieurs du musée
- Les vestiges des ateliers
- La maison du renoueur de jambes
- Le parc de la première maison du régisseur
- La charpenterie
- Le village ouvrier
- La Halle aux Fourneaux
- Le Manoir et sa chapelle
- La digue
- L'intérieur du musée.





Ce sera aussi l'occasion de vous procurer ce livre, (si ce n'est déjà fait) dédicacé par son auteur.

Accessible à tous, et enrichi d'une  iconographie conséquente et  inédite, ce livre vous contera l'histoire du site des forges de sa construction jusqu'à l'ouverture du musée en 2013.

Plus d'informations au sujet de l'ouvrage : Voir ici

Sommaire :

Première partie : Les origines métallurgiques de Moisdon-la-Rivière. 
1. Au Pays de Châteaubriant : un savoir-faire héritier
d’une longue tradition métallurgique
2. Au Pays de Châteaubriant : de très importantes ressources

Deuxième partie : Histoire et fonctionnement de la Forge Neuve (1668 - 1869)
3. Au XVIIe siècle, le temps des pionniers à la Forge Péan,
dite Forge Neuve
4. Au XVIIIe siècle, l’apogée de la Forge Neuve
5. De 1789 aux années 1860, heurs et malheurs de la Forge Neuve

Troisième partie : Société technicienne, vie quotidienne et habitat à la Forge Neuve sous l’Ancien Régime 
6. Une société technicienne spécialisée et hiérarchisée
7. La vie quotidienne sur le site de la Forge Neuve
8. L’habitat à la Forge Neuve
9. L’exemple des Trébuchet

Quatrième partie : L’après Forge Neuve (1869 - 2014)
10. Après l’activité forgeronne, d’éphémères activités industrielles
11. Espagnols et Tsiganes au « Camp de la Forge » : 1939 - 1942
12. Abandon et renouveau depuis 1945


Le départ de la visite s'effectuera à partir du musée à 17 heures précises.

Informations et réservations : OT Châteaubriant 02.40.28.20.90
Réservation vivement conseillée auprès de l'Office du Tourisme


Pour rappel : ouverture du musée les vendredis, samedis et dimanches de 15h à 19h.

      

mercredi 2 mai 2018

Musée du site des forges, saison 2018




Le musée ouvrira pour cette nouvelle saison à compter du vendredi 4 mai 2018, à 15 heures


Les horaires sont les suivants : 
- Vendredi, Samedi, Dimanche : 15h-19h. 


Pour tout renseignement, appelez l'Office du Tourisme au 02-40-28-20-90
Vous pouvez aussi contacter l'association : lesamisdelaforge@gmail.com

Le programme de la nuit européenne des musées (19 mai 2018) sera communiqué prochainement.

Tableau de Mme Pinard représentant la Halle Neuve de la forge
Parallèlement, le Musée du Site des forges renouvelle son cycle d'expositions temporaires, avec pour commencer, du vendredi 4 mai au dimanche 3 juin, une exposition de Marie-Françoise Pinard et Marie-Madeleine Poupard, suivies d'une autre exposition de peinture du 8 juin au 8 juillet, de Pauline Pennanguer et ses élèves.

Suivront une exposition des Amis de la Forge Neuve et une autre de Lucette Baillergeon.

samedi 10 février 2018

Assemblée Générale de l'association des Amis de la Forge Neuve

L'association des Amis de la Forge Neuve tiendra son assemblée générale 2018 le :

Samedi 24 février 2018 à 10 heures
dans la salle Salle Polyvalente à Moisdon

Ordre du jour:
Bilan d'activité
Bilan financier
Projets pour l’année
Election du Conseil d'Administration: Renouvellement des membres sortants
Questions diverses.

Le verre de l'amitié clôturera notre rencontre.


Si vous souhaitez adhérer à l'association, c'est possible, il suffit de télécharger le bulletin ci-joint : 


samedi 6 janvier 2018

TOUS HISTORIENS !... avec l’AHLS

TOUS HISTORIENS !... avec l’AHLS














Première association d’histoire locale existant à Savenay, sous différentes formes depuis le milieu des années 1980, l’AHLS a beaucoup contribué, depuis 2008, à la préparation des commémorations du centenaire du lycée Jacques Prévert, avec un ouvrage "Savenay, jeune lycée vieux murs" et une exposition en 2012. Ensuite, elle a participé activement à la commémoration de la présence américaine à Savenay, autour de l’hôpital américain, qui occupa les locaux de l’ex-Ecole normale de 1917 à 1919, avec un nouveau livre "L’hôpital américain, Savenay 1917-1919 (la médecine à l’épreuve de la guerre") et une exposition. 

Pour poursuivre ses objectifs dans les années qui viennent, l’AHLS devient aujourd’hui l’association des historiens du lycée Jacques Prévert de Savenay. Elle sollicite les témoignages, les récits et souvenirs des élèves anciens et actuels du Lycée Jacques Prévert ou de l’ex-Ecole Normale : travaux et recherches d’élèves, "normaliens" de l’ex-EN, enseignants, témoins de diverses époques (Mai 68, mouvements lycées des années 2000, etc.). Leurs textes et illustrations seront mis en ligne sur le site www.ahls.fr, et doivent être envoyés en fichiers numériques à l’adresse ahls.savenay@gmail.com.

lundi 25 décembre 2017

Assemblée Générale de l'AHLS - Jeudi 4 janvier 2018.

Assemblée Générale de l'AHLS - Jeudi 4 janvier 2018.


Comme tous les ans, l’Association d’Histoire du Lycée de Savenay tiendra son Assemblée Générale annuelle à la salle n°2 du Complexe Polyvalent, rue des Mésanges à Savenay.

Nous vous donnons donc rendez-vous le jeudi 4 janvier, à 14h30 au complexe polyvalent.

ORDRE DU JOUR :


- Bilan moral des commémorations du Centenaire de l’arrivée des Américains à Savenay.
- Bilan financier de ces mêmes commémorations.
- Projets 2018. Centenaire du barrage de la Vallée Mabile.
- Avenir de l’AHLS.
- Questions diverses


La présence de toutes et de tous est fortement souhaitée à cette assemblée générale notamment pour évoquer le devenir de l’association et prendre les décisions qui s’imposent car nous sommes confrontés à des départs de postes clés au sein du bureau (secrétaire et trésorière) et les évènements d’importance liés à l’histoire du Lycée sont derrière nous. 

Le Président, Yannick Boucaud.

dimanche 29 octobre 2017

S'engager pour libérer la France : l'exemple du maquis de Saffré (1944)

 http://www.musee-resistance-chateaubriant.fr/spip.php?article147
Visuel de l'exposition

Ce texte a été rédigé dans le cadre de la rédaction de l'exposition "S'engager pour la liberté de la France - 1940-1945", au Musée de la Résistance de Châteaubriant (44)


La mise en place des maquis est une première étape vers la Libération de la France. En Loire-Inférieure, le général Audibert est placé à la tête de l’Armée secrète de l’Ouest, regroupant deux formations : Au sud Loire existe le Maquis Sud-Loire, et au nord de la Loire, ce sont au total 18 maquis qui se mettent en place et forment la structure du futur Maquis de Saffré, en 19441
 
Le but est simple : permettre dès 1943 la formation de réseaux pour que tous les résistants soient bien armés et équipés au moment du Débarquement. Ainsi, ils peuvent par la suite bloquer les voies de communication et ainsi empêcher les Allemands de parvenir au front.

Blason du Maquis de Saffré. Crédit : La Mée
Initialement, le premier maquis reconnu légitime le 16 octobre 1943 par le Valentin Abeille, délégué militaire régional des FFI, est le maquis de la Maison-Rouge, sur la commune des Touches, entre Nort-sur-Erdre et Riaillé. Ce maquis est composé d’une trentaine de personnes au départ, issues des communes de la Meilleraye-de-Bretagne, Nort-sur-Erdre et des environs. Dans la ferme de la Maison-Rouge, le propriétaire Pierre Martin, un ancien poilu, recueille déjà des réfractaires au STO. Claude Gonord, 21 ans, membre du réseau Eleuthère, reçoit l'ordre de créer un maquis en juin 1943. La création du maquis de la Maison-Rouge est effective le 5 juillet 1943. Suite à une dénonciation, Claude Gonord est emprisonné en décembre 1943 puis déporté en janvier 1944, mais le maquis continue d'exister.

Dans la nuit du 15 au 16 juin 1944, ils sont près d’une centaine. Dès lors, il faut choisir un autre lieu plus vaste pour l’implantation et le maquis est transféré en forêt de Saffré, en attendant le parachutage d’armes par les Anglais. Le terrain avait été choisi car il est situé en face d'une vaste prairie (la prairie dite “des Gouvalous”). Les fermes du Pas du Houx et des Brées deviennent alors le PC du nouveau maquis de Saffré. Dans un premier temps, le commandant Briac Le Diouron (dit “Yacco” en raison de la publicité pour les huiles présente sur son taxi) organise les groupes à la base de la création du maquis. Le 16 juin 1944, un incident oppose violemment le commandant Yacco et le commandant Joseph, de son vrai nom Robert Cadiou, chef des FTP du maquis du Meix. Joseph refuse alors d'envoyer ses hommes à Saffré. À partir du 17 juin, le commandement du nouveau maquis de Saffré est confié au commandant Philippe, de son vrai nom Félicien Glajean, envoyé par Libération Nord.

Ferme des Brées, détruite par les Allemands le 28 juin 1944. Crédit photo : Patrice Morel.
François Martin, un ancien maquisard, témoigne :

"Je ne suis pas un héros. Je suis de la classe 42 et j'avais déjà reçu par deux fois des convocations pour le service du travail obligatoire (STO). Je me suis camouflé sur Bouvron, puis à Plessé. Début juin, les Alliés débarquent en Normandie. Le vicaire de l'époque, l'abbé Henri Ploquin, recrute. Il avait l'esprit patriote. Je savais que je risquais ma peau. Je n'étais pas obligé de dire oui à Ploquin, mais j'étais bien décidé d'aller me battre contre les Allemands. Il fallait avoir la foi, dans ces années où l'on pouvait basculer d'un côté ou de l'autre. À cette époque, nous, les maquisards, n'étions pas bien considérés par tout le monde. La résistance a été beaucoup critiquée. Nous étions qualifiés de terroristes par l'armée d'occupation. Le 15 juin, nous sommes partis en vélo, sans savoir où nous allions. J'avais juste un sac tyrolien, quelques effets, un livre... Il y avait l'abbé Ploquin, Jean Caux, Eugène Lucas, des gars de Fay... Il y avait 60 armes pour 310 hommes. C'était mal organisé. Les alliés ont parachuté des armes le lendemain de l'attaque."
 
Le temps est mauvais et à cause de ces conditions météorologiques, le parachutage tant attendu n’arrive pas. Dans le même temps, suite à l'attaque du maquis de Teillay, au nord-ouest de Châteaubriant le 23 juin, tous les maquisards du nord du département viennent se cacher en forêt de Saffré. Le nombre de maquisards atteint alors 310 hommes. Ces résistants appartiennent aux FFI. Les FTP, suite à l'incident entre Joseph et Yacco, ne s'y engagent pas. Les époux Rouquié, garagistes à Héric, chez qui les responsables FFI s'étaient réunis, ont été trahis et arrêtés. Tout le réseau est ainsi infiltré par la Gestapo.

Le 28 juin 1944 au petit matin, les Allemands attaquent le maquis. Entre 1500 et 2000 hommes, équipés d'armes automatiques arrivent en forêt de Saffré. "C'était des SS et des miliciens de Pétain" explique François Martin. " À côté de moi, Charles (Bretecher) s'est exclamé : Oh ! Les boches ! Ils sont à vingt mètres. Nous, on n'était pas armé, et puis même... Les balles sifflaient aux oreilles. Nous étions tombés dans un piège." Pour aller plus vite, Charles a abandonné son sac contenant des balles. Celui de François est resté aussi sur le terrain. Son livre est dedans avec son nom et son adresse inscrits à l'intérieur. "Les Allemands l'ont récupéré. Heureusement, c'était déjà la débandade, sinon..."

Puis, ils sont partis à quatre pattes, à travers les épines. Le temps de traverser une route, sauter une barrière, un camion de soldats arrivait. "Ils ne nous ont pas vus. Nous avons pris la direction de Fay et Bouvron à travers les champs. Je n'ai jamais revu l'abbé Ploquin qui a été fait prisonnier ce jour-là, déporté puis libéré en 1945."2

La majorité des maquisards parvient à s'échapper, mais tous n'ont pas cette chance. Georges Chaumeil, 18 ans, tente de retarder les Allemands avec son fusil mitrailleur. Une partie de ses camarades arrivent à se replier, mais Georges Chaumeil se retrouve encerclé par les Allemands. Il est tué sur place. Quatre autres maquisards (Baptiste Rabin, Louis Loizel, Félix Guillet et Paul Orieux) sont massacrés par les Allemands entre la ferme du Pas-du-Houx et la ferme des Brées. Les fermiers, qui ont accueilli les maquisards, sont frappés et leurs fermes sont brûlées.
 
Auguste Guiheneuc, Fonds Studio Théau –
Coll. AMRC / MRn 



Gayer, chauffeur du car Drouin réquisitionné par les allemands pour les transporter, raconte l'attaque : 
 

Joseph Nauleau, Fonds Studio Théau –
Coll. AMRC / MRn
Environ une heure après, j’entendis des coups de fusils et des rafales de mitrailleuses. Je pensais sur le moment à des manœuvres, à un genre d’exercice de guerre, quand à un moment donné un civil débouche d’un champ sur la route. Les sentinelles qui me gardaient l’ayant aperçu firent feu sur lui, moi je leur dis, croyant à une méprise : « monsieur vous tirez sur un civil », ce à quoi il répondit « c’est un terroriste ». À ce moment je me rendis compte de ce qui se passait. À environ une heure de là, quelques officiers sont venus me chercher avec le car pour aller rejoindre la ferme du Pas du Houx. Sitôt notre approche avec le car, j’ai aperçu le feu dans une meule de foin, et tous les pauvres maquisards attachés les mains au dos à l’aide de ficelles. Ils étaient maltraités à coups de pied et de crosses de fusil. Pendant ce temps, la Gestapo dévalisait tout dans les deux fermes. J’ai vu aussi le beau frère de la fermière, frappé torturé également par la Gestapo.








Au total, l'attaque tue 13 maquisards sur place. La plus jeune victime, Robert Geffriaud, n'a que 17 ans. 27 autres d’entre eux sont massacrés le lendemain à la Bouvardière, à Saint-Herblain. Deux sont exécutés à la prison Lafayette à Nantes, et 29 sont condamnés à la déportation. Les survivants de l'attaque poursuivent leurs actions dans la poche de Saint-Nazaire jusqu'en 1945. La Résistance continue.


Ronan Pérennès, professeur certifié d'Histoire et de Géographie, octobre 2017.

Groupe d’allemands devant un véhicule. Photo prise après « l'opération de Saffré »
 en juin 1944. AD49, Cote 75W34. 
Publication dans le cadre de l'exposition "S'engager pour la liberté de la France"



Bibliographie :

- Collectif, Catalogue d’exposition En guerres, Editions du château des ducs de Bretagne, 2013
- Gasche, Etienne, De la Maison rouge au maquis de Saffré, Nantes, 1986
- Gasche, Etienne, Saffré, 28 juin 1944, la mémoire des maquisards, éditions Coiffard, Nantes, 2012.
- Le Diouron, Briac, Soldats de l'Ombre 1939-1944, Nantes, 1968.
- Marcot, François, La Résistance et les Français: Lutte armée et maquis : colloque international de Besançon 15-17 juin, Belles Lettres, coll. « Série Historiques », Paris, 2003
- Perraud-Charmantier, André, Le drame du maquis de Saffré, 15-28 juin 1944, éditions du fleuve, Nantes, 1946.



Le Chêne à Chaumeil : "à l'aube du 28 juin 1944, Georges Chaumeil, de Saint-Nazaire, armé de son fusil-mitrailleur, retarda l'attaque allemande dans les Gouvalous, permettant le repli de ses camarades. Encerclé, il fut tué sur place. Il avait 18 ans."                                                                                                                                                                                        Crédit photo : Patrice Morel.



1 L'essentiel des informations ayant servi à réaliser cette synthèse sont tirées de l'ouvrage suivant : Gasche, Etienne, Saffré, 28 juin 1944, la mémoire des maquisards, éditions Coiffard, Nantes, 2012.

2 Témoignage de François Martin, Ouest France, 20 juin 2014.