mercredi 13 février 2019

Appel à souscription

Appel à souscription : BLOYET, Dominique; GASCHE, Etienne, Les 27 fusillés de la Bouvardière, Nantes, Saffré, St Herblain, Coiffard Editions, Nantes, 2019.

Juin 1944. Dans les semaines qui suivent le débarquement allié en Normandie, trois cents jeunes maquisards du Nord de la Loire-Atlantique sont regroupés dans la forêt de Saffré. Dans ce bois, à une trentaine de kilomètres au Nord de Nantes, ils ont pour mission de préparer un terrain de parachutage, en vue de réceptionner des armes pour mener la guérilla contre les troupes d’occupation et les empêcher de remonter en Normandie.

Les armes sont finalement parachutées le 29 juin 1944, dans la soirée. Trop tard. La veille, le maquis a été démantelé par 1 500 soldats allemands épaulés par la Gestapo et des groupes collaborateurs. Treize maquisards sont tués lors des combats et beaucoup d’autres sont faits prisonniers et emmenés à la prison de Nantes. 
Le lendemain, le 29 juin, en fin d’après-midi, trente-cinq prisonniers sont conduits au château de la Bouvardière, à Saint-Herblain. Ils sont traduits devant le tribunal militaire allemand qui les condamne à mort. Vingt-sept, pris les armes à la main, sont aussitôt fusillés dans le parc du château. Deux seront abattus une quinzaine de jours plus tard dans la prison et les autres seront déportés dans les camps de concentration. Seuls deux en reviendront, un coiffeur de Nort-sur-Erdre et un prêtre de Bouvron. C’est le premier livre entièrement consacré aux vingt-sept fusillés de la Bouvardière. Il s’appuie sur les témoignages des survivants, des familles, sur les archives et de nombreux documents inédits.

Les Éditions Coiffard et la librairie sont deux entités différentes, la librairie Coiffard ne souhaite pas répondre à des demandes d’informations, et ne fera aucune présentation. Si vous souhaitez des précisions, merci d’expédier un courriel à : coiffard.edition@wanadoo.fr. 


samedi 29 décembre 2018

Savenay 1914-1918

Savenay 1914-1918

Mémorial pour une jeunesse décimée


Pour commémorer la fin de la Grande Guerre, Françoise et Yannick Boucaud ont rédigé cet ouvrage « Savenay 1914-1918, histoire d’une jeunesse décimée », édité par l’UNC de Savenay. C’est le projet d’un couple d’érudits qui partagent la même passion. 

Mais si l’ambition est historienne, comme l’annonce le titre, le résultat est avant tout mémoriel. D’où ce « mémorial », non au sens de monument commémoratif, mais de trace écrite de ce qu’on ne veut pas qu’on oublie, véritable « monument aux morts virtuels » de la Grande Guerre pour Savenay. Une telle occasion, celle de la commémoration du centenaire de la Grande guerre, ne se représentera pas de sitôt ! D’ici là, la mémoire des Poilus ne sera plus nécessairement à l’ordre du jour. Le plus grand mérite de l’ouvrage est donc son riche ensemble de données brutes qui peuvent servir à de futurs chercheurs sur l’histoire de Savenay pour cette période. C’est un impressionnant travail de fond cherchant l’exhaustivité. Cet objectif est probablement atteint, tant le travail est rigoureux et précis.

Les auteurs établissent des listes non seulement des morts savenaisiens (104) à la guerre, mais exploitent les tables mémorielles de l’église, de l’ancienne mairie et de l’École normale. Et, pour faire bonne mesure, la liste des 328 soldats et infirmières américain(e)s décédé(e)s à l’hôpital américain de Savenay de 1917 à 1919 est même donnée. Cette partie, à la limite du hors-sujet, traduit surtout la prégnance que la présence américaine exerce sur l’historiographie et les commémorations Savenaisiennes, depuis les travaux pionniers de Camille Hussenot sur le sujet, il y a maintenant 20 ans, en 1988.

Des pages fort intéressantes concernent l’analyse de ces statistiques aussi rigoureusement établies. L’excellent tableau de la page 59, nous indique que sur les 684 conscrits savenaisiens qui ont fait la guerre (75,33 % des recensés), 114 sont morts au combat, soit 16,67 % de ceux qui ont fait la guerre, 17,11 % ont été blessés et 5,85 % seulement ont été faits prisonniers. S’agissant de ces 104 Savenaisiens, plus ou moins jeunes, majoritairement de 20 à 30 ans, morts à la guerre (XI, 56-60). on y apprend que 75 ont été tués au combat ou sont décédés suite à leurs blessures. Les chiffres de morts par année (1914 : 15 ; 1915 : 29 ; 1916 : 26 ; 1917 : 16 ; 1918 : 17 ; 1919 : 1), fournis sans commentaire, dans une évolution identique à celle des communes voisines, traduisent un bougé de la guerre (de « mouvement », de « tranchée », de « position » ou de « percée », etc) qui n’est pas du tout évoqué, signe d’un manque de contextualisation générale empêchant de comprendre pleinement ces chiffres. Plus des deux tiers de ces morts ont entre 20 et 30 ans (69%). Si 58 habitaient en ville, 45 exerçaient des métiers agricoles. Leurs notices individuelles sont inégalement développées, de 4 lignes à une page illustrée et documentée.

Pour atténuer l’aspect austère des longues listes de noms, l’iconographie trouve heureusement sa place comme souvent avec Yannick Boucaud, pas toujours référencée toutefois. Des documents et extraits s’insèrent également, mais sans qu’un fil conducteur ne relie véritablement le tout. Vu l’ampleur de la matière, on peut aussi regretter un format et des caractères un peu petits qui ne facilitent pas la lecture.

Au total, un ouvrage très soigné, utile pour longtemps, qui répond cependant davantage au « devoir de mémoire » qu’aux exigences du travail du « métier d’historien » selon Marc Bloch (1)

Boucaud Françoise et Yannick, Savenay 1914-1918, histoire d’une jeunesse décimée, Ed. UNC, Savenay, 2018
 

(1) Marc Bloch historien médiéviste renommé, juif résistant, fusillé à la fin de « l’autre » guerre mondiale du XXe siècle, dans « Apologie pour l’histoire, ou métier d’historien », ouvrage posthume de 1949.

Compte-rendu rédigé par Jean-Yves Martin et Ronan Pérennès

mardi 18 décembre 2018

Si vous ne savez toujours pas quoi offrir à Noël ...

Aubrée, F., Bouvet, C., Havard, F., Legrais, A., Yziquel, J.; 14-18, Hommes et femmes du Pays de Châteaubriant, HIPPAC, Châteaubriant, 2018, 288p.


L'équipe de la Société historique du Pays de Châteaubriant (HIPPAC) a publié, à l'occasion de la semaine du souvenir (début novembre 2018), un ouvrage sur la Grande Guerre dans le Pays de Châteaubriant. Le premier but de cet ouvrage est de témoigner pour aider à faire comprendre la participation des habitants de la région à la guerre, les hommes au front, beaucoup de femmes à l’arrière. Le front et l’arrière, éloignés géographiquement, y sont vécus de façon intime et complémentaire. Le second objectif est de dénoncer l’horreur de la guerre, certes au front, mais aussi à l’arrière.

Ce n'est donc pas un ouvrage froid sur la Grande Guerre, mais un livre très riche en témoignages et en émotion. Grâce aux lettres retrouvées et publiées dans ce livre, on peut suivre les itinéraires de quelques personnages, très touchants, tels Félix Sudre ou encore François Laumaillé, pour ne citer qu'eux.

Les deux premières parties (« Au front », « À l’arrière, au Pays de Châteaubriant ») sont composées à partir de témoignages d’hommes et de femmes de la région, et de documents des archives départementales et municipales. Elles visent à mieux comprendre la globalité de la guerre, des combats au front à la mobilisation générale à l’arrière, à partir d’exemples. Il n’y a pas d’analyse générale de la guerre, mais des présentations et des études portant sur des personnes ou des groupes de personnes.

Au front : les exemples concernent presque tous les types de poilus ayant connu le front en France, à partir de lettres qui n’ont pas été censurées, mais aussi de journaux de guerre. Presque toute la panoplie des actions de guerre : des récits de batailles, de combats et la vie dans les tranchées, un journal de guerre d’un poilu fantassin qui devient ensuite un « as » de l’aviation, l’engagement des religieux, le récit d’un prisonnier évadé d’Allemagne, des soldats en colère en gare de Châteaubriant au moment des mutineries de 1917, un gars de Nozay fusillé pour l’exemple. Beaucoup de témoignages d’horreur, mais aussi d’amour et de tendresse envers les êtres chers.

À l’arrière : toutes les forces de la région sont mobilisées dans cette guerre « totale ». L’exemple de l’action d’un maire (La Meilleraye-de-Bretagne) montre comment toutes les activités d’une commune dépendent plus ou moins de la guerre. Mais il y a aussi Mélanie la fermière, l’importance des meuniers, les usines Huard et Franco de Châteaubriant reconverties en usines d’armement…

Une troisième partie concerne la mémoire. Elle est centrée autour d’une analyse des monuments aux morts de la région. Certains méritent d’être mieux connus aujourd’hui, en particulier la lanterne des morts de Fercé, monument original et rare, d’autant plus intéressant qu’il est bien documenté par le « Livre d’or » de la commune. Le second est la cloche « Souvenir » de La Grigonnais, unique dans la région, sur laquelle sont écrits les noms des soldats morts pour la France.

Au total, il s'agit encore d'un « beau » livre, richement illustré, sur la souffrance, mais aussi sur l’espérance des hommes et femmes du Pays de Châteaubriant pendant la Grande Guerre.

Renseignements pratiques


Ouvrage de 288 pages, format à l’italienne (26 x 22 cm), reliure cartonnée avec couverture pelliculée. Impression quadri, papier mat satin 150 g. Édition : octobre 2018.
Prix public : 35 euros. Prix adhérent : 30 euros. Port en sus. Pour avoir des précisions : voir page « Nous contacter ».

samedi 1 décembre 2018

Bientôt, une nouvelle publication à Savenay

Le Couvent des Cordeliers de Savenay 1419-2019

Archéologie, mémoire et histoire d’un patrimoine

L’équipe de rédaction

L’équipe de rédaction de cet ouvrage a été constituée d’érudits locaux et de professionnels de l’histoire à partir du groupe de l’AHLS (Association d’Histoire du Lycée de Savenay) qui a précédemment travaillé sur l’histoire des bâtiments du lycée Jacques Prévert, ex-École Normale, dont le livre « Savenay : Jeune lycée, vieux murs 1912-2012 » (AHLS, 2012) a obtenu le prix d’histoire de la société Académique de Nantes et de la Loire Atlantique en 2013. Elle était alors composée de Yannick Boucaud, président de l’association, Odette et Paul Guibert, également membres des Amis de l’Histoire de Savenay, Jean-Yves Martin et Ronan Pérennès, l’un fondateur du premier groupe d’histoire locale à Savenay, en 1985, le second initiateur de l’AHLS en 2007.
Pour travailler, cette fois, sur l’histoire du Couvent des Cordeliers de Savenay, elle s’est assuré le concours de nouvelles compétences : celles d’Alice Prissard, ancienne directrice des services de la mairie de Savenay, meilleure connaisseuse des dossiers savenaisiens récents, et de Fabien Le Roux qui a conduit les recherches archéologiques de l’INRAP sur le site du couvent en 2017 et dirigé la rédaction du rapport à ce sujet (INRAP, 2017).
L’équipe ainsi constituée sur cet objectif précis et unique a pris le nom de Groupe Ad’hoc 2019, atelier d’historiens pour un ouvrage sur le couvent en 2019. Ses membres sont donc les suivant(e)s :
  • Yannick Boucaud, AHLS (Association d’histoire du lycée de Savenay)
  • Odette Guibert, AHLS et Amis de l’Histoire de Savenay
  • Paul Guibert, AHLS et Amis de l’Histoire de Savenay
  • Fabien Le Roux, archéologue, responsable scientifique des fouilles de l’INRAP en 2017
  • Jean-Yves Martin [coordinateur], agrégé d’histoire et géographie, AREMORS et AHLS
  • Ronan Pérennès, professeur certifié, AHLS et Amis de la Forge de Moisdon-la-Rivière
  • Alice Prissard, ancienne secrétaire générale des services de la ville de Savenay

De gauche à droite : Solène Bourrigault (Mairie, culture), Fabien Le Roux (INRAP), Paul et Odette Guibert (Amis de l’Histoire de Savenay), Yannick Boucaud (Pdt AHLS), André Klein Maire de Savenay, Jean-Yves Martin (AHLS, coord.).
Manquent sur cette photo : Alice Prissard (ancienne SGS de Savenay) et Ronan Pérennès (AHLS)

L’ouvrage

Environ 180 pages, 8 chapitres chronologiques, une quinzaine d’encadrés zoomant sur une date, de nombreuses illustrations (photos, fac-similés, estampes, cartes et plans...), la plupart inédites, pour un prix que nous souhaitons le plus accessible possible. Parution prévue au second trimestre 2019, à la veille de la commémoration des 600 ans du couvent des Cordeliers.
Nous avons certes largement bénéficié des travaux et ouvrages précédents des historiens locaux : François Ledoux (1875), Camille Hussenot-Plaisance (2001) et Jacques Javayon (2008). Nous nous efforçons de rendre compte le plus fidèlement possible dans notre ouvrage de la grande qualité de leurs propres recherches et publications. Mais, au fil de ses 8 chapitres largement inédits, il revisite le sujet selon quatre volets successifs :
  • Archéologique : en l’absence quasi totale d’archives, toute la longue période pré-révolutionnaire est l’objet d’une approche archéologique comparative, issue des travaux de l’INRAP en 2017, qui permet de bien mettre en évidence les caractéristiques propres de l’ancien couvent.
  • Mémoriel : sa mémoire est largement inscrite dans les tensions consécutives à la période révolutionnaire, aux doubles traumatismes de l’année 1793, insurrection de mars et bataille de Savenay en décembre. Au choc initial de la Révolution contre l’Église, succède le conflit durable entre montée républicaine et regret de l’ancien régime monarchique et catholique.
  • Historique : à la lumière de la place du couvent dans l’histoire locale, l’ouvrage revisite ensuite les apports respectifs des érudits locaux et des historiens.
  • Patrimonial : ne pouvant écarter les toutes dernières décennies de ces 600 ans, l’histoire « immédiate » des débats récents, parfois vifs, autour de la réhabilitation municipale de ce patrimoine conclut l’ouvrage.
Groupe Ad’hoc 2019
Communiqué de presse du 13 novembre 2018


P.-S.

Appel à documents et à témoignage :


| Le contenu de l’ouvrage n’étant pas encore intégralement et définitivement arrêté à ce jour, vous invite à témoigner : pour tout envoi de témoignage, photo ou document - si possible inédits - le groupe Ad’hoc 2019 peut être contacté à l’adresse : couv.cord.savenay@gmail.com

vendredi 23 novembre 2018

Éditions Universitaires Européennes & démarchage : Extrême vigilance !!!

Éditions Universitaires Européennes & démarchage :

Extrême vigilance !!!


Depuis le début de mois de novembre 2018, je suis officiellement inscrit en thèse de doctorat en Histoire moderne, à l'Université de Bretagne Occidentale, située à Brest. Mon projet de thèse date déjà de plusieurs années, j'ai déjà rédigé quelques parties, mais mon travail est très loin d'être terminé. Je n'ai donc pour le moment absolument rien à publier en l'état.

Or, le 15 novembre dernier, soit à peine deux semaines après mon inscription officielle, je reçois ce mail, qui m'est personnellement adressé (et, pour une fois, sans faute à mon nom, en plus !!), provenant des Éditions Universitaires Européennes (EUE) : 
 
Cher Monsieur Pérennès Ronan,
Je suis ##### ##### et au nom des Éditions Universitaires Européennes, je voudrais vous inviter à publier un de vos travaux de recherche dans le domaine Histoire (un manuel, votre thèse ou dissertation). Qu'en pensez-vous?
Notre maison d'édition se donne pour objectif de développer les échanges entre chercheurs, enseignants et simples curieux afin de dessiner les contours du monde scientifique, technique et culturel de demain.
A cet effet, aimeriez-vous en savoir plus sur notre maison d’édition et sur le processus de publication?
Nous serions honorés de vous compter parmi nos auteurs.
En espérant une réponse rapide de votre part, je vous prie d'agréer l'expression de mes salutations distinguées.

Passé le temps de la surprise de recevoir un tel message aussi rapidement après l'inscription afin de me voir proposer une publication ma thèse, qui n'est qu'un vaste chantier actuellement, je décide tout simplement d'ignorer cette démarche, qui me semble pour le moins cavalière. L'auteur de ce message espère même une réponse “rapide” de ma part.

Je suis très bien placé pour savoir que publier un ouvrage peut parfois relever du parcours du combattant. Pour le livre collectif que nous avions sorti en 2012 avec l'Association d'Histoire du Lycée de Savenay (AHLS), Savenay, jeune lycée, vieux murs, il nous a fallu lancer une souscription afin de récolter beaucoup de fonds pour financer l'impression du livre. Cela a pu fonctionner car nous étions nombreux et nous connaissions du monde. Et malgré cela, ce ne fut pas simple. Pour l'ouvrage que j'ai sorti en 2014, De l'histoire au patrimoine, la Forge Neuve, Moisdon la Rivière, j'ai du faire face à un bon nombre de refus de la part d'éditeurs qui ne voulaient pas publier chez eux un ouvrage qui portait sur un sujet aussi pointu. C'est finalement la Société Historique du Pays de Châteaubriant (HIPPAC) qui a littéralement sauvé mon projet fin 2014. Sans l'HIPPAC, le livre sur les forges ne serait peut-être jamais sorti !! En 2019, pour le livre que nous sortirons (INRAP + AHLS + d'autres participants) sur le Couvent des Cordeliers, à Savenay, sans l'aide de la mairie et de l'INRAP, rien n'aurait été possible non plus !

Par conséquent, recevoir une telle proposition venant d'un éditeur qui ne sait même pas sur quoi je travaille pose sérieusement question sur le bien fondé de sa démarche...

Une semaine passe, vient un second message :

Bonjour Monsieur Pérennès Ronan,
Je vous ai invité la semaine passée à publier gratuitement un livre chez Éditions Universitaires Européennes. Avez-vous reçu ce courriel?
Vous pouvez trouver plus d'informations concernant nos services en cliquant sur ce lien-ci: http://brochure.omniscriptum.com/info-eue/0674983001454073475
Au plaisir d'une éventuelle collaboration artistique et scientifique avec vous.

J'en conclus donc que pour eux, une réponse “rapide” signifie une réponse quasi-immédiate, car une semaine après le mail de rappel arrive déjà. N'ayant rien à publier, et trouvant cette offre trop alléchante pour être honnête, je décide de me renseigner sur cette maison d'édition. Je tape “Éditions Universitaires Européennes” dans Google et là...


Cette société aurait contacté beaucoup de doctorants, depuis au moins depuis 2010, en France, en Belgique, et même au Canada sous différents noms. J'ai trouvé une multitude d'avis, très mitigés. Méfiant, j'ai envoyé le mail dans ma corbeille sans y répondre.

Pour résumer, cette maison appartient à un groupe d'édition allemand, VDM Verlag, créé en 2002. L'auteur peut publier aux EUE gratuitement un ouvrage, tout se fait sur internet.

L'Université du Québec explique en mai 2011 les choses de la manière suivante sur le site des Presses Universitaires du Canada (mais là, on peut craindre aussi le conflit d'intérêt):
Comment la compagnie opère-t-elle ? Des travailleurs de la Moldavie et de l’Île Maurice récupèrent des informations par le biais des bases de données de thèses et mémoires disponibles au format numérique sur les sites des bibliothèques universitaires. Ils utilisent ces données pour contacter massivement par courriel des chercheurs pour leur offrir un contrat des plus intéressants : publier leur thèse dans un délai très court, sans frais, avec une redevance sur les ventes et l’obtention d’une copie papier gratuite. Le problème (car vous vous doutiez que tout était trop beau pour être vrai) est que le manuscrit n’est soumis à aucune forme de révision ou d’arbitrage : tous les travaux sont acceptés. Le livre est mis en vente sur des sites comme Amazon à un prix exorbitant (plus de 120 $ en général) et n’est imprimé que sur demande. 
 À qui sont versés les profits ? VDM Verlag ne paie pas de redevances aux auteurs lorsqu’elles sont inférieures à 10 euros par mois. La quasi-totalité des auteurs perdent donc leurs menus profits au bénéfice de la compagnie. Quand on pense à la dizaine de milliers de titres du catalogue de la maison d’édition, on imagine de quel ordre peut être le profit engrangé par VDM Verlag. D’autant plus que les auteurs pour lesquels leur livre leur rapporte entre 10 et 50 euros par mois ne reçoivent pas non plus d’argent, mais plutôt une compensation sous forme de coupon à échanger pour des livres produits par la maison. 
Est-ce une fraude ? Ce modèle d’affaire n’est pas une fraude en soi. Par contre, le fait de publier chez VDM Verlag peut entacher le curriculum vitae d’un chercheur, vu les pratiques non orthodoxes de la maison d’édition. Aussi, nous vous suggérons de bien choisir votre éditeur au moment de publier vos travaux. Il existe également d’autres moyens de diffuser vos écrits sans passer par un processus d’édition universitaire, comme un système d’archives ouvertes comme Érudit. Soyez vigilants ! 

Afin que chacun se fasse son avis, je peux aussi citer l'article de Claire Paulian, « Les éditions universitaires européennes : du stock de livres au stock d'auteurs », lisible ici :
Même les auteurs de science-fiction sont concernés !!! https://resf.hypotheses.org/3166
- L'INRS, au Canada, met également les éventuelles cibles en garde : http://sdis.inrs.ca/pour-en-finir-avec-les-%C3%A9ditions-universitaires-europ%C3%A9ennes
- Une page Wikipédia existe même à ce sujet ! Toutefois, certains faits sont cités sans que toutes les sources ne soient citées, certaines informations sont donc à prendre avec précaution : https://fr.wikipedia.org/wiki/VDM_Publishing

Ce qui ressort des différents signalements que j'ai pu lire sont que les droits d'auteur ne seraient pratiquement pas (ou très peu) reversés. Ensuite, l'auteur devra assurer la mise en page lui-même. Enfin, et c'est surtout cela le plus inquiétant lorsque l'on est doctorant, il n'y a aucun comité de lecture. Dès lors, quel degré de sérieux attribuer, dans un cadre universitaire, aux publications des EUE ? Et surtout, une publication chez un tel éditeur ne risquerait-elle pas de compromettre la carrière d'un éventuel futur enseignant chercheur qui se serait laissé tenter par une maison d'édition qui n'accorde pratiquement aucun gage scientifique à ses publications ?

En réalité tout dépend donc de ce que vous voulez faire. Pour publier rapidement un ouvrage grand public, en noir et blanc, sans trop de contraintes, et sans rechercher une rémunération importante, les EUE peuvent faire l'affaire. Mais pour publier des travaux universitaires et les faire figurer dans un CV en vue de candidater pour être enseignant chercheur, c'est risqué, car le fait d'avoir publié un ouvrage chez un éditeur qui n'a pas de comité de lecture sera probablement pointé du doigt. Même s'il ne s'agit pas d'une arnaque à proprement parler, la proposition se révèle en réalité bien moins alléchante qu'il n'y parait. Mieux vaut donc faire preuve d'une extrême vigilance face à ce démarchage.

mercredi 21 novembre 2018

Dans l'Eclaireur cette semaine...


Près de Châteaubriant, une association fait revivre l’histoire du site des Forges

L'association des Amis de la Forge neuve de Moisdon-la-Rivière (Loire-Atlantique), créée en 1995, est présidée par Gisèle Piton, une véritable spécialiste de l'histoire du site.

Le site des forges de Moisdon peut se visiter.
Le site des forges de Moisdon peut se visiter. (©L’Eclaireur de Châteaubriant)
Il faut remonter en 1668 pour trouver les premières traces de forges à Moisdon-la-Rivière (Loire-Atlantique). Le Prince Louis II de Bourbon-Condé, seigneur et baron de Châteaubriant (Loire-Atlantique), décide alors d’utiliser les nombreuses minières du Pays de Châteaubriant. Le 2 décembre 1668, le Conseil des Princes décide la construction d’une « usine à fer », au lieu-dit Le Moulin Péan, près du Don.
Le site de la Forge neuve comprend deux hauts fourneaux (permettant la réalisation de la fonte), une forge d’affinerie (elle transforme la fonte en fer), un atelier de fonderie (pour réaliser des grandes barres de fer standardisées), deux halles à charbon et des logements (ouvriers et maisons de maîtres).

Fin de l’activité en 1869

« C’est au XVIIIe siècle que le site connaîtra son apogée, relate avec passion la présidente de l’association des Amis de la Forge neuve, Moisdonnaise de naissance, Gisèle Piton. C’est en 1869 que toute activité va cesser sur le site des forges, où l’on faisait de l’industrie métallurgique traditionnelle. »
En 1985, le site a été classé aux Monuments historiques. Aujourd’hui, il se visite l’été et les week-ends. Gisèle Piton propose également des visites guidées à la demande, une quinzaine par an. Elle a créé une association en 1995 pour que ce riche patrimoine des forges puisse se transmettre.
À l’époque, j’ai réalisé un mémoire sur le monde des forges et sur le côté patrimonial. J’ai interrogé la population locale et des politiques, je me suis plongée dans les archives… Les forges de Moisdon, ce sont des siècles d’histoire. L’activité a duré deux siècles, il y avait en permanence près de 50 personnes qui y travaillaient. Et cela profitait à toute la commune. Pour preuve, il y avait 2 700 habitants à Moisdon en 1852 ! »

Une vingtaine de membres dans l’association

Afin « d’animer et de promouvoir l’ancien site industriel », l’association des Amis de la Forge a vu le jour il y a plus de 20 ans et est toujours active aujourd’hui. « Nous sommes aujourd’hui une vingtaine de membres, dont quelques jeunes. Il y a un peu de renouvellement, mais pas assez. Aujourd’hui, c’est la communauté de communes qui s’occupe des visites sur le site. Mais on s’intéresse toujours au suivi du musée, car plus de 3 000 personnes y viennent chaque année. »

Gisèle Piton est la présidente des Amis de la Forge neuve.
Gisèle Piton est la présidente des Amis de la Forge neuve. (©L’Eclaireur de Châteaubriant)
L’association organise ainsi un marché d’automne, chaque année, qui attire plus de 1 000 personnes. Une bourse aux plantes est également mise en place, tout comme des ateliers pour les enfants. Les Amis de la Forge ont aussi fait un partenariat avec Bretagne vivante, pour protéger la lande et le sentier piétonnier qui entoure le site.
Un sentier ouvert en 2001 qui sera bientôt repensé.
On est en train de repenser le cheminement du musée et du chemin. Il faut repenser la trame, adapter les explications, être plus ludique. On aimerait développer les visites de scolaires sur le site, et cela va dans ce sens. »